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Dimanche 27 décembre 2009

 

Présentation des textes de la Parole de Dieu du 27 décembre 2009-12-27 

Première lecture : Sirac le Sage 3,2-6,12-14

Ecrit  deux siècles avant Jésus par un juif éclairé ce texte nous livre sa vision de la famille. Cet homme est un « sage », un homme dont la réflexion part avant tout de l’expérience, mais d’une expérience marquée par la civilisation ambiante de son temps. Alors le père de famille est un absolu dont les enfants doivent assurer le prolongement, non seulement en donnant un jour la vie à d’autres enfants, mais surtout par la qualité de fils animé d’un grand respect pour ses parents devenus vieux. Et il doit humblement et fidèlement suivre leurs conseils, car cela lui garantit une vie assurée.

Ecoutons avec attention cette parole de Dieu.

Deuxième lecture : Saint Paul aux Colossiens 3,12-21

Dans ce texte, Paul ne limite pas la réussite d’une vie à la vie familiale. Il élargit à la dimension de l’Eglise universelle. C’est donc une conception large des relations entres les personnes qui décrit ce que doit être la famille chrétienne.

Alors, la soumission de l’enfant à ses parents appelle en contrepartie le respect des parents envers celui-ci. Les droits des parents appellent les droits de l’enfant et les devoirs de l’enfant envers ses parents appellent les devoirs des parents envers celui-ci.

Paul nous montre que pour grandir ensemble selon le désir de Dieu il faut apprendre à s’éduquer ensemble à la tendresse, à la bonté, à la douceur…

Ecoutons ce que nous dit l’apôtre Paul

Evangile de Luc 2, 41-52

Deux jours après la rencontre à l’étable de Bèthléem, ce qui veut dire la Maison du pain, nous voici transporté au temple, ce qui est la Maisons de la Prière et de la rencontre avec Dieu, Maison aussi de l’enseignement de la Loi.

Dans ces deux lieux nous retrouvons les mêmes personnes : dans l’étable, ils sont trois : Marie, Joseph et l’Enfant. Au Temple, ils sont trois, les docteurs de la Loi qui enseignent, Jésus, et les parents de Jésus.

Dans l’étable, l’émerveillement ouvre à la contemplation et au silence intérieur, là où se fait entendre la voix de Dieu. Au Temple l’inquiétude s’exprime dans un dialogue bien humain où l’on pourrait croire que les reproches des parents ç l’enfant sont comme une sanction de son égarement, en même temps que la réponse du Fils semble devoir être un étonnement de leur incompréhension. Tout cela est bien humain et bien de chez nous encore aujourd’hui.

Mais ce jour-là, au Temple, Jésus rencontre le Père qui va l’envoyé en mission dans quelques années. Et la préparation à cette mission passe par l’apprentissage de la loi, en fidélité à la Grande Tradition du peuple quelque Jésus appartient. Là Jésus apprend que pour être un jour aux affaires de ses frères les hommes, il lui faut d’abord être aux affaires de son Père, car c’es de Lui qu’Il reçoit la mission de révéler l’amour au-delà de toutes frontières. L’incompréhension de Marie, ici, comme à l’Incarnation ou à la Croix, se traduit par l’obéissance de Marie à La Parole de Dieu « qu’il soit fait selon ta Parole, à l’annonciation », et « sa mère gardait tous ces évènements dans son cœur », ici au temple. Quant au pied de la Croix, Marie est là dans le silence…

Il aura fallu trois jours de marche pour retrouver Jésus au temple…IL faudra trois jours d’attente d’inquiétude, de peur  pour voir la porte du jardin de la résurrection s’ouvrir sur le visage de lumière de Jésus vivant.

Pour Dieu, le temps ne compte pas ; Le plus important c’est d’être là au rendez-vous de sa présence, à l’écoute de sa Parole.

La fête de la Sainte Famille invite toutes nos familles à répondre à l’appel à ces deux rendez-vous, dans le quotidien de nos relations…

Tournons nos cœurs vers la Sainte Famille pour prier Dieu notre Père :

 

Dieu de toute bonté,

Tu mets sur le chemin

de notre vie quotidienne

Marie qui donne la vie,

Joseph qui accueille cette vie

Et Jésus qui s’ouvre à la vie.

Nous te rendons grâce

pour cette famille unique,

Reflet de ta sainteté

Et présence réelle de ton amour.

Avec elle nous apprenons

A recevoir chaque événement

Comme un don de ta grâce.

Avec elle, nous marchons dans la foi.

Avec elle, nous apprenons à contempler

Ton visage de Père,

Dans la lumière de ton Fils

Venu pour nous sauver

En accomplissant ta sainte volonté.

Père, notre Dieu créateur,

Garde-nous dans la fidélité

A notre vocation de communion

Les uns avec les autres.

Protège toutes nos familles.

Viens en aide à celles qui souffrent

Et rends chacun de nous

Attentifs aux plus petits,

Aux malades,

A ceux et celles que la séparation

Enferment dans le doute, la peur, la nuit.

En ce dimanche de la Sainte Famille ,

Père, envoie ta bénédiction de tendresse

Comme une pluie de bonté, de miséricorde,

De joie et de paix. Amen !

                             Frère Henri

 

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DIMANCHE 3 JANVIER 2010

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EPIPHANIE DU SEIGNEUR

        

      Epiphanie veut dire manifestation de Dieu, dans la fragilité d’un Enfant Fils de notre Dieu Père éternel et créateur, Messie du peuple de Dieu, vrai Dieu annoncé aux païens, et, face à Hérode, Roi des nations.

      Toutes les manifestations de Dieu à son peuple sont une admirable pédagogie divine pour nous conduire au message de Noël par des signes adaptés à chacun :

aux bergers par une crèche, aux mages par une étoile, aux Docteurs de la Loi par l’Ecriture, à Hérode lui-même par des savants venus d’Orient.

      Tous ces hommes sont pour nous la figure de l’immense multitude humaine en quête de lumière, de sens de la vie. Immense foule des hommes d’hier et d’aujourd’hui qui, à travers des signes, expriment leur recherche de Dieu.

      A l’instant où je commence à écrire ce texte, un appel me fait descendre pour ouvrir la porte C’est J… qui vient en remplacement de notre cuisinier en congé de Noël. Le dialogue s’engage et très vite J… me dit « Comme je suis heureux de venir chez vous… je suis en recherche spirituelle … chez moi, c’est maman qui m’aide… » Et apercevant le portrait de Ste Thérèse « Qui est-ce ? » me dit-il. Alors, rapidement je lui raconte la vie de la petite Thérèse de Lisieux. Le visage de J…s’éclaire, un large sourire se dessine sur ses lèvres qu’entoure une minuscule barbe… « Je vais être bien chez vous et avec vous … »

Il y a toujours une étoile qui ce cache au fond du cœur de chacun de nous…A nous de l’allumer au feu de la rencontre, de l’accueil et de l’amour !

     

       Au-delà des couronnes où se cachent des fèves pour les futurs rois, « Il y a une étoile dans le cœur de chaque homme. Dieu a mis cette étoile et Jésus s’est fait homme ».

      En nos jours, tant et tant de personnes cherchent la bonne étoile, jusqu’à s’en aller puiser dans les horoscopes ou les cartes de voyances …Mais ces chemins ne peuvent pas conduire au bonheur, sinon un bonheur éphémère !

      Chercher l’Etoile dans le ciel de nos obscurs détours, être attentifs à sa lumière qui indique le chemin de la rencontre et celui de la vie…découvrir enfin que la véritable Etoile, pour un chrétien devient le visage de l’Enfant Dieu. Alors accrocher notre vie à cette Etoile qui nous guide au quotidien et qui éclaire aussi bien de jour comme de nuit…Avec  la simplicité de la  foi des bergers, avec l’espérance des mages, nous venons nous prosterner devant l’Emmanuel, avant de repartir soit par un autre chemin comme les mages, soit auprès des brebis du pâturage de l’humanité comme les bergers. Nous allons porter la Bonne Nouvelle qu’un enfant nous est né, que le Fils de Dieu nous est donné, qu’un Sauveur nous rejoint pour nous donner le bonheur…

      Comme nous comprenons que Dieu se manifeste à nous dans l’Enfant, son Fils, nous restons là en silence, à regarder le visage du Seigneur. Nous entendons en notre cœur la voix de Dieu nous dire son amour. Nous accueillons le message qu’Il nous confie et la mission qu’Il nous donne : voir Dieu et le donner à voir, aux autres.

      Voir Dieu dans la fragilité d’un enfant ? C’est bouleversant. La liturgie arménienne exprime cette réalité : «  Aujourd’hui l’Invisible apparaît. Celui qu’on ne voit pas se fait voir, afin de faire de nous des voyants.» Et St. Irénée de rajouter : « La gloire de Dieu c’est la vie de l’homme, et vivre pour l’homme c’est voir Dieu. » Comme il nous faut apprendre à voir Dieu avec les yeux illuminés du cœur ! Lorsque l’on aime quelqu’un, même absent, on le voit en son cœur ! Dieu présent en chacun de nous, se laisse voir comme un Père, non pour que nous l’enfermions en nous comme dans un ghetto « lui et nous », mais pour que nous le portions aux autres : c’est la mission qu’il nous confie !

      L’Enfant devant lequel les mages s’inclinent est pour tous. Les Mages symbolisent tous les peuples en quête de Dieu…Alors, libérons Dieu de nos frontières !...

      Ne nous satisfaisons pas de nos rencontres dominicales « entre nous ».

Dans nos rues, dans nos villages, dans notre travail, dans nos familles

il y en a tant qui cherchent et qui attendent.

      Un acte de foi de notre part est nécessaire, pour nous mettre sur le chemin de la sortie de nous-mêmes, pour aller vers les autres. Certes rien n’est facile dans ce domaine. Mais nous ne sommes pas seuls. Comme l’Etoile a précédé les mages en les guidant jusqu’à l’étable, l’Esprit Saint nous précède, nous guide, nous donne la force de passer les frontières de notre timidité, de notre peur. L’audace trouve sa force dans l’accueil du message de Jésus :

« Allez, je suis avec vous jusqu’à la fin des temps, n’ayez pas peur ! »

      Redemandons sans cesse à Dieu de nous donner des yeux d’apôtres, des yeux d’Epiphanie.

                                                                                   

                                                                                                                                 Frère Henri

 

 

 

ET  MAINTENANT, ENTRONS DANS LA PRIERE

 

« Que la clarté d’en haut, Seigneur, nous dirige en tous temps et en tous lieux,

 Et puisque tu nous fais communier à ce mystère,

Puissions-nous désormais le pénétrer d’un regard pur

Et l’accueillir dans un cœur plus aimant. »

 

« Nous te rendons grâce, Dieu de toutes les nations :

Une étoile, jadis,

a conduit vers la crèche des étrangers en quête du Messie ;

L’Esprit, aujourd’hui, nous révèle son mystère ;

Au dernier jour,

Une lumière éclatante attirera tous les peuples vers la cité du Dieu vivant. »

 

« Aujourd’hui, Seigneur,

Tu as révélé ton Fils Unique aux nations, grâce à l’Etoile qui les guidait ;

 Daigne nous accorder, à nous qui te connaissons déjà par la foi,

D’être conduits jusqu’à la claire vision de ta splendeur. »

 

Sainte année à tous et à chacun avec ma prière fraternelle :

Que l’Etoile de la foi vous guide

Jusqu’au don de vous-mêmes aux autres,

Dans la lumière de l’Espérance !

 

                                                                                                          Frère Henri

 

 

 

 

 

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DIMANCHE 10 JANVIER 2010

                                               ***                                        Frère Henri

 

 

      Voici l’aube d’une nouvelle année qui annonce les jours à venir. Dans l’écoute de la Parole de Dieu, nous entendons :

«Les temps nouveaux sont accomplis, Jésus-Christ va revenir ».

      Il vient ! Il est là au milieu de nous, et nos yeux sont parfois empêchés de le reconnaître. Comme le dit Jean le Baptiste :

« Il y a parmi vous quelqu’un que vous ne connaissez pas ».

Annoncé par le prophète Isaïe (40,1-5.9-11), on voit, au milieu de la foule qui se presse sur les bords du Jourdain pour recevoir le baptême de conversion, donné par le Baptiste – Jésus -  ultime manifestation du salut de Dieu.

« Comme un berger, il conduit son troupeau : son bras rassemble les agneaux,

 il les porte sur son cœur, et il prend soin des brebis qui allaitent leurs petits ».

      Voici le Seigneur et Sauveur, sur les bords du Jourdain. Comme les autres, Il vient d’être baptisé par Jean et Il est en prière. De sa prière, va jaillir la révélation de ce qu’Il est, par la voix de l’Esprit qui fait entendre la voix du Père :

« C’est toi mon Fils ; moi, aujourd’hui je t’ai engendré ».

      Né de Marie, Jésus  « renaît » du Père en ce jour, à la veille de son départ en mission. Alors nous rendons grâce à notre Dieu Père qui, par son Esprit Saint, a consacré Jésus Prophète et Messie.

      En Jésus, Dieu  manifeste sa bonté et sa tendresse pour les hommes. Il nous a sauvés dans sa miséricorde.

     Et depuis, chaque baptisé est reconnu comme fils de Dieu, frère de Jésus. Chaque baptisé reçoit mission de vivre à la manière du Christ Sauveur, serviteur de ses frères, dans l’accomplissement de la volonté de son Père.

      Mais comment réaliser tout cela dans nos vies quotidiennes tellement sollicitées par de multiples occupations ou préoccupations ?

 

      La Parole de Dieu de ce jour nous ouvre des chemins de réponses concrètes :

* selon le prophète Isaïe, invitation à dégager de nos cœurs tout ce qui encombre et peut empêcher de voir l’essentiel qui est d’AIMER… c’est un appel à une permanente conversion.

*  selon Saint Paul « c’est la grâce de Dieu qui nous apprend à rejeter le péché et les passions d’ici bas, pour vivre dans le monde présent en hommes raisonnables, justes et religieux… »

*  à la suite du baptême de Jésus, et conduits par l’Esprit Saint, nous saurons trouver et prendre les chemins de la prière, de l’amour des autres, du pardon, de la communion, selon les circonstances de la vie de chaque jour…

      Le baptême de Jésus nous dit tout l’amour du Père pour son Fils, tout l’amour de Dieu pour nous. « Au cours de notre vie, nous avons pu connaître des personnes qui nous ont éveillés au meilleur de nous-mêmes, en nous révélant l’amour ». Pour ceux là, nous rendons grâce à Dieu. Nous avons peut-être rencontré d’autres personnes qui nous ont « dégradés ». Pour ces personnes, nous prions Dieu de les rencontrer et de les bénir de sa tendre miséricorde !

      Comme Jésus s’est laissé conduire par l’Esprit tout au long de sa vie, laissons-nous saisir par ce même Esprit Saint qui fait de nous des Fils de Dieu.

      Alors nous serons dans la joie de chanter :

« Un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père ».

 

 

 

 

 

 

Et maintenant entrons dans la prière avec un chant :

 

PAR LE BAPTÊME DE RENAISSANCE

(Paroles : Michel Scouarnec. Musique Jo Akepsimas. I 296)

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1-Par le baptême de renaissance Dieu nous donne un pays (bis)

Justice et tendresse y prennent leur source de lumière.

Par le baptême de renaissance Dieu nous donne un pays.

 

2-Par le baptême de renaissance Dieu nous donne son nom (bis)

Amour et pardon s’écrivent sur toutes nos frontières.

Par le baptême de renaissance Dieu nous donne son nom.

 

3-Par le baptême de renaissance Dieu nous donne une croix (bis)

Un cœur transpercé relève et guérit nos cœurs de pierre.

Par le baptême de renaissance Dieu nous donne une croix.

 

4-Par le baptême de renaissance Dieu nous ouvre un festin (bis)

Sa table dressée invite les peuples de la terre.

Par le baptême de renaissance Dieu nous ouvre un festin.

 

 

Nous croyons que le Fils de Dieu s’est fait homme pour que nous devenions fils de Dieu.

Le Christ s’est fait notre frère, pour que nous devenions unis comme des frères.

 

Juste avant Noël, j’ai eu la joie de voir le spectacle du Puy du Fou « le Mystère de Noël ».

Plus qu’un grand spectacle, c’est comme une liturgie qui se termine avec le texte de Saint Paul :

 

« Frères, en Jésus Christ, vous êtes tous fils de Dieu par la foi.

En effet, vous tous que le baptême a unis au Christ, vous avez revêtu le Christ, »

 

Et voici le texte qui termine le spectacle :

 

« Il n’y  plus ni Juif, ni païen,

Il n’y a plus ni esclave, ni homme libre,

Il n’y a plus l’homme et la femme,

Car tous, vous ne faites plus qu’un dans le Christ Jésus ».

 

                                                                                                         Frère Henri

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DIMANCHE 17 JANVIER 2010

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« Ils n’ont plus de vin »

(St Jean 2,1-11)

 

      L’évangile de ce dimanche nous conduit à Cana. Jésus et sa mère sont là, invités à un mariage. C’est la fête.

     Mais en cet instant où nous allons lire ce texte de la Parole de Dieu, voilà que l’actualité nous fait entendre la parole de ceux et celles qui sont dans la tourmente de la tragédie d’Haïti.

     L’évangile nous dit « Ils n’ont plus de vin ». L’actualité dramatique d’Haïti nous fait entendre « ils n’ont même pas d’eau ! ». Quel contraste ! Et comment accueillir la Parole de Dieu si nous ne recevons pas d’abord la parole de ce peuple en détresse ?

     Une réponse se trouve peut-être dans l’attitude de Marie, qui est là, témoin de l’embarras des jeunes mariés qui constatent qu’on va manquer de vin. Marie est au cœur d’une réalité, celle du manque. Elle regarde, elle est attentive et discrète, certes, mais elle va agir : « Sa mère dit aux serviteurs : « Faites tout ce qu’il vous dira ». Et nous connaissons la suite. Les jarres sont remplies et le vin coule à nouveau dans les verres de la fête…

 

     Les jarres de l’espérance, à Haïti, commencent à se remplir grâce aux serviteurs des nations qui portent secours. Dans l’évangile, comme dans la vie, les médiateurs sont les acteurs de la générosité, de l’entraide, du soutien, de l’espérance en la vie.

     Qui sont ces médiateurs d’aujourd’hui ? Chacun de nous peut le devenir, à la mesure de sa générosité, de son soutien, de sa présence… de sa prière, car nous prions tous pour que les efforts des organisations internationales ne soient pas vains. Nous pouvons aussi participer de chez nous, financièrement. Chacun est appelé à verser dans les jarres de l’espérance de vie en Haïti un peu de son bien. Les médias nous indiquent comment faire.

    Ainsi, en ce dimanche, l’évangile des Noces de Cana prendra tout son sens, en regardant Marie et en retenant ses attitudes :

+ Elle est présente à la vie des autres, à leurs joies et à leurs peines.

+ Elle est attentive aux besoins des autres.

+ Elle est audacieuse dans sa demande à son Fils.

+ Elle sait faire appel à la solidarité, en sollicitant l’aide des serviteurs.

+ Elle aime, elle croit, elle espère.

 

 

 

Demandons à Marie de nous aider à ne pas avoir peur de la réalité de la vie.

Qu’elle mette en nos cœurs et dans nos actions la foi active qui l’anime,

Qu’elle nous donne l’espérance confiante qui la rend audacieuse.

 Qu’elle nous communique cet amour attentif qui la conduit à parler et à agir au nom de ceux qui souffrent.

Qu’elle nous aide à suivre son exemple en nous mettant auprès d’eux.

 

 

 

 

 

 

 

 

Seigneur, écoute notre prière en ce jour :

Nous te rendons grâce pour Marie,

Ta Mère et notre Mère :

Sa présence au milieu des autres

Nous invite à ne pas fuir le quotidien.

Son action est un appel pressant

A donner et à nous donner

Pour la vie et le bonheur des autres.

Sa foi nous encourage à persévérer.

En ces jours où nos frères et sœurs d’Haïti

Sont dans la souffrance et connaissent la croix,

Nous nous unissons à eux par l’offrande de notre vie,

Par le partage en participant aux collectes.

Garde-nous, Seigneur,

De nous protéger par peur,

Et donne-nous l’audace

De faire couler dans les jarres de l’espérance

Le  fruit de notre communion.

Amen !

 

                                   Frère Henri

 

 

 

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DIMANCHE 24 JANVIER 2010

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« QUE TOUS SOIENT UN »

 

     Ce dimanche est consacré à la prière pour l’unité des chrétiens.

     En réponse à la prière du Christ « que tous soient UN » les catholiques, les protestants, les orthodoxes sont vraiment invités à prier, à partager, à faire un bout de chemin ensemble afin de devenir les témoins de la Parole de Dieu

« A ce signe on reconnaîtra que vous êtes mes disciples,

si vous vous aimez les uns les autres ».

     De nombreuses initiatives de rencontres donnent espérance ; mais le chemin est, sans doute, encore long…

   

      L’évangile de ce jour nous met en présence de Jésus qui proclame la Parole de Dieu dans la Synagogue : « l’Esprit du Seigneur est sur moi… »

     Aujourd’hui, l’Esprit de Dieu  anime le cœur de ceux et celles qui, dans le monde, donnent et se donnent au service des plus pauvres, des plus démunis. L’entraide internationale, qui se met en place autour d’Haïti en est un exemple parlant. En même temps, nous sommes témoins, par les médias, de la force de la prière, lorsque nous voyons les rescapés du tremblement de terre louer Dieu pour la vie.

     Dans un petit éditorial du journal « La Croix», en date du 19 janvier, et, sous la plume de  Dominique Greiner, nous lisons : 

 

«  En priant, les sinistrés expriment, au cœur de la détresse

qu’ils savent ne pas pouvoir compter seulement sur leurs propres forces…

la prière du peuple haïtien déplace nos questions sur l’origine du mal.

Surtout, elle manifeste que l’humanité n’est pas sans force ou sans ressources pour livrer le combat spirituel contre le mal…/

… Et l’aide qui lui est apportée, qui est déjà une réponse à ses prières,

 révèle que seul l’excès de bien peut vaincre l’excès de mal ».

 

     Lorsque l’apôtre Paul nous dit que « Nous avons été baptisés dans l’unique esprit pour ne  former qu’un seul corps », il nous indique que le chemin de l’unité des hommes entre eux, et donc des chrétiens, passe par l’accueil de la diversité, dans un respect mutuel qui est une expression de la charité fraternelle.

     En ces jours, rejoignons, par la prière et par nos gestes de pardon et de solidarité, tous les membres du corps de notre humanité qui oeuvrent à la construction d’un monde où chaque personne trouve sa place.

 

 

Que notre prière nous enracine

dans le cœur de Celui qui fait notre unité,

Jésus ressuscité :

 

 

 

« Avec toi, nous prions, Seigneur,

Pour que tous nous soyons unis, comme tu l’es avec le Père.

 

Avec toi, nous prions, Seigneur, pour ton Eglise,

Pour que le désir d’unité jaillisse avec force,

Pour que l’unité ne soit pas écartée comme inaccessible,

Ou voulue seulement en esprit, sans être mise en pratique.

 

Nous partageons ta joie, Seigneur,

Toutes les fois que l’unité germe dans ton peuple,

Toutes les fois que s’estompent les différences confessionnelles,

Que s’approfondit l’échange mutuel, et que le respect mutuel nous unifie.

 

Nous partageons ta joie, Seigneur,

Lorsque ton peuple vit dans l’unité, accepte de partager sa maison, sa paroisse,

Son expérience de prière, de fraternité, de témoignage ou de service,

Et réalise ainsi une unité organique.

 

Avec toi, nous prions, Seigneur,

Pour que ta prière soit pleinement exaucée,

Lorsque nous, ton peuple,

Ne serons plus qu’un avec toi et ton Père ».

                                                                         Révérend John Young

 

En la semaine de prière pour l’unité des chrétiens,

 

                                                                                       Frère Henri

 

 

 

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DIMANCHE 31 JANVIER 2010

4° dimanche du temps ordinaire, année C

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LA FORCE DE LAMOUR

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                   En lisant et en méditant la seconde lecture de la messe de ce dimanche                  (1° Cor 12,31-13,13), je me suis souvenu de ce que me racontait une enseignante. Dans un dialogue avec les enfants de sa classe, elle leur demandait, ce qui, pour eux, était le plus important dans la vie. Alors les réponses avaient fusé, aussi diverses que les visages et les expériences de vie : «  avoir une belle voiture, me marier et avoir des enfants, avoir un bon métier, une bonne retraite… » Et soudain un enfant des plus timides s’était écrié : « Avoir une place dans le cœur de quelqu’un ! »

     Il avait tout compris, cet enfant de chez nous, cet enfant du monde ! Il avait compris qu’aimer et être aimé, c’est vivre, tant il est vrai que « l’amour attire l’amour », selon une expression de Ste Thérèse, ou encore, comme on peut le chanter avec ce refrain :

« Aime, et tu sauras que l’amour fait vivre,

Aime, et tu vivras, car aimer, c’est vivre ! »

     Que de chansons d’amour s’expriment sur les planches des plus grandes scènes du monde, comme des plus petites !

      Que d’expressions multiples et variées font chanter l’amour : du regard à l’écoute, de l’écoute au partage, du partage à la communion, de la communion à l’union la plus intime, tant de gestes discrets sont présence active d’amour qui se donne, qui s’offre gratuitement ou s’accueille avec joie et simplicité.

   

     Les récents évènements d’Haïti nous montrent que les élans de solidarité ne sont pas à mettre au crédit du profit, mais tout simplement à celui de l’amour des autres.               Récemment, dans une émission de télé, nous avons entendu des journalistes nous dire que les Haïtiens avaient besoin, certes d’eau, de nourriture, de maisons…mais aussi d’écoute, d’amitié, de soutien moral, d’amour !

     Ce message a traversé les ondes. Il a pu rejoindre le cœur de chacun de nous et rendre actuel la parole de l’apôtre Paul lorsqu’il écrit «  J’aurais beau parler toutes les langues de la terre… si je n’ai pas l’amour je ne suis rien … », et le très beau poème de l’apôtre qui décline en des mots de tous les jours les qualités les plus simples et les plus nobles de l’amour, nous invite à faire un pèlerinage dans notre cœur, car :

« L’amour prend patience, l’amour rend service ; l’amour ne jalouse pas ;

Il ne se vante pas, il ne se gonfle pas d’orgueil ; il ne fait rien de malhonnête ;

Il ne cherche pas son intérêt ; il ne s’emporte pas ;

Il n’entretient pas de rancune ; il ne se réjouit pas de ce qui est mal ;

Mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ;

Il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout.

L’AMOUR NE PASSERA JAMAIS ».

     Ce texte est très souvent choisi par les jeunes qui se marient. Je leur propose de traduire le mot « amour » par chacun de leurs prénoms. Alors « l’amour » prend un visage et un cœur. Il devient souffle de vie et si nous remplaçons le mot « amour » par DIEU, nous entrons dans le cœur de celui qui « n’est qu’amour », selon une expression chère à St. Augustin.

  Lorsque l’amour fait silence, il devient prière, notre prière en ce jour, et pour demain :

 

 

 

Ô Dieu, toi qui es Amour,

Remplis nos cœurs de la force d’aimer au-delà de nous-mêmes :

« Aimer sans mesure, jusqu’à la démesure »,

Aimer au cœur de nos vies familiales,

Professionnelles, amicales, ecclésiales.

Père, source d’amour, tu nous donnes Jésus ton Fils et notre frère

Comme le plus beau cadeau d’amour :

Nous te rendons grâce pour tant de bonté !

Ton Esprit d’amour brûle nos cœurs

De l’amour qui vient de Toi,

Pour que, dans notre vie,

Tous nos gestes, toutes nos paroles

Soient source d’amour. Amen !

 

                        Frère Henri

 

 

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 DIMANCHE 7 FEVRIER 2010

5°Dimanche du temps ordinaire, année C

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« DE LA PEUR à L’AUDACE »

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     Le travail missionnaire par des engagements de solidarité, de proximité, d’accompagnement, d’enseignement, de célébration, ressemble souvent à une sortie de nuit de pêche, avec des filets vides !!! Ce fut l’expérience des apôtres rapportée dans l’évangile de ce dimanche!...

     Parents, éducateurs, ou toute autre personne qui se dévoue au service des autres, ne sont pas épargnés de cette tristesse de voir que leurs efforts sont parfois vains, et vides de tout réconfort.

     Ici, ce sont les enfants ou les jeunes qui prennent des chemins inattendus, surprenants, indésirables aux yeux des adultes, là, c’est le peu d’enthousiasme trouvé auprès de personnes sollicitées pour un engagement dans une association, un mouvement, une aumônerie etc.…Ailleurs, les résultats escomptés après tant d’efforts, de soins, de présence, de soutien, ne sont pas à la mesure du dévouement, de la compétence acquise au long des années… et on pourrait multiplier les exemples. Le résultat c’est que l’on est découragé et que l’on en vient à se dire «A quoi çà sert tout çà ? Pourquoi se donner tant de mal ? » On rentre chez soi, en soi, et le risque du repli dépressif est à la porte de l'esprit et du cœur…

     Les apôtres ont connu cette situation: « Maître, nous avons péché toute la nuit sans rien prendre ». C’est la reconnaissance des limites humaines, de l’impuissance face à l'ordre naturel, de l’échec professionnel, de la peur collective…

     

Et l'incroyable se réalise: à un moment de notre vie où nous pensons qu'il n'y plus rien à faire, sinon qu'à baisser les bras, il se trouve alors souvent quelqu'un sur notre chemin. Avec la voix de la confiance, cette personne nous remet debout, nous relance sur les flots de la vie, nous redonne courage et nous aide à partir au large de nos peurs, en laissant là les filets de nos doutes, de nos découragements.

   

 Que chacun de nous prenne le temps de Faire Mémoire de tous ces visages, de toutes ces voix que nous avons rencontrés, et à qui, nous devons d'être encore là  !...

     Telle fut l'expérience des apôtres : sur la nuit de leur doute, une lumière a jailli. Mais elle a jailli au moment où Pierre, ce costaud pêcheur, cet homme aux mains accrochées à ses filets de travail, va reconnaître sa faiblesse et confesser son découragement

              C'est à ce moment là que Jésus lui crie « Sois sans crainte ! »

 

Ah ! Cette parole de Jésus est renversante, et elle s'adresse à chacun de nous, comme à l'apôtre Pierre, comme à Marie ou à Joseph : c'est le même message, l'amour chasse la crainte, et lorsque cet amour vient de Dieu, lorsque cet amour c'est Dieu lui-même, ce qui nous paraissait jusqu'alors impossible devient possible, car, nous dit l'apôtre « Rien n'est impossible à Dieu. »

     Remarquons qu'à chaque fois que Dieu dit à quelqu'un « Sois sans crainte », Il l'investit aussitôt d'une mission « Désormais ce sont des hommes que tu prendras ».

     Le résultat de cette réelle aventure, de cette rencontre au cœur de la peur, de la reconnaissance de sa faiblesse, et, de l'accueil de la force de Dieu, c'est que nous devenons capables de tout quitter et de suivre Jésus…. encore faudrait-il prendre le temps de nous définir, à nous-mêmes, ce que veut dire « tout quitter ».          

      Chacun de nous le fera dans son cœur et continuera le chemin de sa vie avec la certitude que la parole de Jésus

« Je suis avec vous, tous les jours, jusqu'à la fin des temps »

est toujours d'actualité !

 

Et maintenant, avançons en eau profonde,

allons au large de nous-mêmes

dans un élan de cœur à cœur avec le Seigneur que nous prions:

 

 

 

 

 

 

Seigneur Jésus,

chaque jour tu es là

attentif à chacun de nos pas.

Tu sais que nous naviguons sur les flots de la vie,

avec le courage de nos habitudes, de nos certitudes.

Tu connais aussi notre faiblesse, nos découragements

lorsque les choses ne vont pas selon nos désirs ou nos attentes.

Pardonne-nous car nous sommes pécheurs.

Fais-nous entendre la voix de ton appel: « Soyez sans crainte ».

Par la force de ton Esprit, nous reprendrons la route

avec confiance et courage,

avec l’humilité et  la joie

de te suivre

après avoir laissé au port de nos vies,

les filets de toutes nos peurs.

 

Dans l'accueil de ta Parole de promesse:

« Je suis avec vous pour toujours »

nous voulons dire avec Toi, Jésus :

« Père, que ta volonté soit faite ».

Amen !

 

                                                           Frère Henri

 

 

§

 

DIMANCHE 14 FEVRIER 2010

6° dimanche du temps ordinaire

HEUREUX !  MALHEUREUX !

***

     Tous les chrétiens du monde reçoivent en ce dimanche la Parole de Dieu qui, en alternance, se rythme autour «  heureux… malheureux /… heureux les pauvres… malheureux les richesheureux vous qui avez faim maintenantmalheureux vous qui êtes repusheureux vous qui pleurezmalheureux vous qui riez… »

     Tout en écoutant ces paroles surprenantes, j’entends et j’écoute les cris des malheureux de notre monde d’aujourd’hui,

      Ceux de nos familles où la division fait éclater l’amour, et saigner, les cœurs blessés à tout jamais…

      Ceux de tous les travailleurs, en recherche d’un emploi qui redonne dignité et moyens de vivre, honnêtement…

     Ceux des malades qui attendent la guérison, en se battant sur un lit d’hôpital ou chez eux…

     Ceux des personnes seules ou isolées par des situations sociales, familiales, professionnelles, qui les enferment dans une solitude décourageante…

     Ceux qui nous viennent des guerres, des famines, des cataclysmes…

     Longue est la litanie qui donne au mot « souffrance » une réelle présence nous laissant sans voix…  et qui peut nous révolter,  nous mettre dans l’incompréhension, au regard de l’Evangile de ce jour qui exalte le bonheur des pauvres, de ceux qui ont faim, de ceux qui pleurent !...

Faut-il fermer ses oreilles pour n’entendre que la Parole de Dieu,

et laisser les cris d’aujourd’hui se perdre dans la nuit de l’indifférence ?

Faut-il n’entendre que les cris d’aujourd’hui,

et prendre comme dépassée la Parole de Dieu de ce dimanche ?

     Aucune de ces attitudes ne peut conduire au bonheur tellement cherché et attendu par chacun de nous.

     Les pauvres de l’évangile ne sont pas les miséreux. Ils sont, dans toute la tradition biblique, ceux qui ouvrent leur cœur à Dieu, avec confiance, avec humilité  ceux qui ont faim ce sont les affamés de la Parole de Dieu  donc de Dieu lui-même et qui, en conséquence, le reconnaissent dans leur vie quotidienne …ceux qui pleurent ce sont ceux qui ne s’enferment pas dans leur suffisance, mais qui se regrettent de ne pas aimer assez les autres et en ceux-ci, Dieu lui-même...

     Quand, nous chrétiens, nous entendrons ces paroles dimanche, nous garderons les oreilles de notre cœur ouvertes à Dieu. Qu’il ouvre pour nous un CHEMIN DE SAINTETE, c'est-à-dire de pleine communion avec Lui, dans nos vies, par notre fidélité à la prière, au partage, au pardon, à la compassion… Ainsi, nous resterons attentifs aux cris des malheureux de notre temps, ceux de nos familles, ceux que les médias nous font entendre régulièrement…

     A ces cris, notre réponse priante se fera supplication pour que le Seigneur change nos cœurs de pierre en cœurs de chair, pour que son amour traverse nos égoïsmes, pour que notre indifférence devienne compassion, pour

Que la Joie d’Aimer et d’être Aimé, dans le respect et la communion, devienne

La BEATITUDE DE TOUTES NOS RENCONTRES.

 

 

 

PRIERE

***

 

Seigneur,

N’oublie pas le cri des malheureux !

Dans ta bonté, ouvre nos oreilles :

Qu’elles entendent ta Parole !

Dans ta tendresse ouvre nos cœurs :

Qu’ils ne soient pas sourds aux appels de notre monde !

Rends-nous attentifs et sensibles

Aux plus « légères modulations de ta voix » !

Que la prière de ton Fils Jésus dans le don de sa vie

Nous aide à garder nos mains accueillantes à toute souffrance,

Et disponibles au soutien et au partage qui fait vivre.

Par ton esprit, rends-nous capables de relever et d’encourager

Ceux que nous rencontrons, qui sont écrasés par le poids de la vie !

Que nos paroles soient tes paroles  créatrices de relations fraternelles,

Paroles de consolation,

Paroles de guérison,

Paroles de réconciliation,

Paroles de communion

Paroles de béatitude de vie, de paix,

D’espérance, de foi et d’amour ! Amen !

 

Frère Henri

 

 

 

 

 

§

 

 

CINQ CHEMINS VERS PAQUES

 

 

1° chemin, 21 février 2010 : St Luc 4,1-13 :

 

EN MARCHE

 

Car’aime, route de Carême,

je t’aime Seigneur,

ou plutôt, je voudrais tant t’aimer !

Viens en moi chasser la peur qui me paralyse,

qui m’empêche de faire confiance

 et d’aller vers les autres.

Viens au secours de ma faiblesse.

Viens au secours de ma tristesse.

Toi qui prends soins des lys

et de la fleur des champs,

guide-moi sur le chemin de l’abandon,

 sans condition.

Apprends-moi à t’accueillir

 dans l’évènement imprévu.

Aide-moi à te recevoir

comme un don non mérité,

 le don de la gratuité de ton amour.

Seigneur, merci ! Amen !

 

 

 

2° chemin, 28 février 2010 : St Luc 9,28-36 :

 

 TRANSFIGURES

 

Choisis par Dieu,

bien-aimés de Dieu,

nous sommes transfigurés

dans la lumière de la foi,

dans la brûlure de l’amour,

dans la joie de l’espérance !

Nous voudrions planter trois tentes

sur le sommet de cette rencontre de lumière,

mais tu nous demandes,

Seigneur,

de redescendre dans la vallée

de nos vies quotidiennes

afin de porter ta Lumière

à ceux qui sont dans les ténèbres,

ta joie à ceux qu’envahit la tristesse,

à ceux que la souffrance défigure,

à ceux qui attendent une parole d’amour :

attente d’affection, attente de reconnaissance,

attente de tendresse.
Toi, Seigneur tu nous dis :

« Ce que vous voudriez que les autres fassent

 pour vous,

Faites-le pour eux » :

 Marcher sur ce chemin,

 ne pas attendre pour donner et te donner. Amen !

 

 

 

3° chemin, 7 mars 2010 : St Luc 13,1-9 :

 

CONVERSION

 

Prendre le chemin de la conversion :

changer son cœur de pierre en cœur de chair,

c’est l’invitation que Dieu nous fait

 cette semaine !

Comme nos vies ressemblent parfois

 à des figuiers stériles,

Seigneur, prends patience avec nous !

Que la force de ton Esprit nous aide

à changer nos cœurs !

Que nos paroles parfois dures et offensantes

soient paroles de tendresse et de pardon !

Que nos gestes d’impatience, de jugement,

 de condamnation

se transforment en geste de compréhension,

de compassion, de soutien fraternel !

Que nos cœurs fermés

sur nos soucis, nos peines, nos échecs

s’ouvrent à l’espérance

car toi Seigneur tu peux tout en nous.
Tu nous demandes simplement

de croire en ton amour,

d’accueillir ton pardon,

d’écouter ta Parole,

 de vivre en fils bien-aimés du Père

en vivant entre nous en frères !

Viens changer nos cœurs de pierre

en cœurs de chair,

et nous chanterons :

« Gloire à Toi, Seigneur : gloire à Toi » !

 

 

 

4° chemin, 14 mars 2010 : St Luc 15, 1-32 :

 

MISERICORDE

 

« Il faut misère pour avoir cœur…

Que peuvent savoir de la miséricorde

 des matins

ceux dont les nuits ne furent jamais de tempête ou d’angoisse ?»

Tempête,

Angoisse,

Blessure,

Nuit, nuit, nuit !

Puis brise légère de l’accueil,

paix de la rencontre,

guérison par le pardon,

miséricorde,

cœur de Dieu dans notre misère !

Baume sur nos blessures,

calme après la tempête,

sérénité après l’angoisse !

Ô Seigneur,

merci de t’user les yeux à ton métier de Père,

comme tu le fis pour le Fils prodigue

 de l’évangile,

comme tu le fais pour le prodigue que je suis

et que tu reçois dans les bras

de ta tendresse infinie ! Amen !

 

 

 

 

5° chemin, 21 mars 2010: St Jean 8,1-11 :

 

JETER LA PIERRE

 

C’est si facile de jeter la pierre aux autres !

C’est tellement difficile de transformer

la pierre en fleur de pardon !

Quelle tentation de montrer du doigt

et de condamner l’autre !

Quelle forte invitation tu nous fais, Seigneur,

lorsque tu nous dis :

« Que celui qui est sans péché

 lui jette la première pierre ».

Et tu rajoutes :

« Revenez vers moi de tout votre cœur ».

Revenir vers Toi, Seigneur,

se savoir attendu, se savoir aimé,

se savoir compris sans qu’aucune parole

 ne soit prononcée.

Revenir simplement, humblement, pauvrement,

en confiance en nous laissant saisir

par ton regard de lumière,

de pardon et de paix,

sûr de s’entendre dire :

« Aujourd’hui, je veux demeurer chez toi ! »

Viens, Seigneur, viens nous sauver ! Amen !

 

 

§

 

 

DIMANCHE DE CARÊME

21 Février 2010

 

« TOURNES VERS L’AVENIR »

Evangile de St. Luc 4,1-13

 

       Au bout du chemin des quarante jours de Carême il y a la porte du jardin de Pâques.

Au bout de notre marche quotidienne de la vie, accompagnée de joies et de peines, de lumière et de ténèbres, il y a toujours la porte de la rencontre avec quelqu’un capable de nous écouter, de nous redonner espoir, de nous soutenir …de faire route avec nous !

      En ce premier dimanche de Carême, les chrétiens se mettent donc en marche vers Pâques. Pendant quarante jours, ils chercheront à vivre dans la prière, le partage, le jeûne. Ces trois voies sont des moyens pour se battre contre le Mauvais, le démon qui se met en travers du chemin de Jésus, poussé au désert avant de partir en mission.

 

      L’évangile de ce jour nous montre le combat de Jésus pour la liberté, une liberté intérieure qui lui donne la force de rester fidèle à la volonté de son Père.

      Ces trois tentations, décrites par l’évangéliste St.Luc peuvent être aussi les nôtres.

 

La première prend Jésus pour un magicien : il doit transformer les pierres en pain. Il peut nous arriver de prendre Dieu pour un magicien lorsque nous lui demandons de nous remplacer dans nos responsabilités : Dieu vient toujours au secours de notre faiblesse, jamais au secours de notre paresse. Que de fois j’ai vu venir à Lisieux des jeunes au moment de leurs examens demander à Dieu de les aider. Cette démarche est bonne dans la mesure où l’on a travaillé, mais si l’on n’a rien fait de l’année, alors on prend Dieu pour un magicien ! (ce n’est là qu’un exemple !)

 

La seconde tentation vient solliciter Jésus pour qu’il accède au pouvoir : « je te donnerai tout ce pouvoir » à condition d’adorer le Tentateur, le démon. Jésus déjoue cette offre en rappelant la Parole de Dieu «  tu n’adoreras que Dieu seul ». Elle est brûlante d’actualité cette tentation ! Elle nous guette tous les jours, tant le goût du pouvoir sur les autres nous attire ! Comme il nous est facile d’adorer le dieu argent, le dieu puissance  sur les autres…mais alors où est notre liberté, notre capacité de résister ?... nous en trouverons la force dans l’écoute de la Parole de Dieu.

 

La troisième tentation nous montre Jésus refusant « d’user de son pouvoir pour se protéger » alors que le tentateur le place sur le sommet du Temple et l’invite à jeter en bas afin que les anges viennent le soutenir !...Ici il s’agit de mettre Dieu à l’épreuve et de lui demander de venir à notre secours lorsque par prétention nous nous sommes engagés sur des routes à risques !...

 

 

 

En ce début de Carême l’évangile nous invite donc à apprendre à « relire notre manière de poser des actes et des choix à la lumière de la Parole de Dieu »

Nous pouvons humblement demander à l’Esprit Saint d’éclairer nos actes et nos choix afin de devenir des hommes libres.

Cinq minutes pour Dieu par jour ne serait pas du luxe, mais réponse à l’appel de Jésus « quand vous priez… retirez-vous dans le silence de votre chambre et Dieu qui voit dans le secret vous le revaudra ! »

Un geste de jeûne- non seulement au niveau de la nourriture, mais aussi dans la décision de choisir entre des actes inutiles, superflus et l’ouverture aux autres par une visite, un accueil…et cela « dans le secret »…sans ostentation, mais fraternellement !

Le partage dans la solidarité avec des plus démunis : en donnant un peu de notre salaire à la mesure de notre générosité, mais aussi en donnant du temps à ceux ou celles qui attendent un geste de reconnaissance, de soutien…de présence !...« Dans le secret ! »

 

Le temps du Carême n’invite pas les chrétiens à se montrer en exemple, mais à devenir plus rayonnants de la Lumière de Celui qui les habite et anime leur vie : JESUS VIVANT

 

 

 

 

PRIERE

*

Seigneur,

Viens libérer nos cœurs et nos vies

Des entraves qui nous lient à nos habitudes égoïstes !

Eclaire-nous dans le choix de nos actes !

Donne-nous la force dans la fidélité à la prière,

Dans l’audace du partage,

Dans la discrétion de notre présence aux autres !

Seigneur,

Aide-nous à regarder devant,

Ouvre les yeux de notre cœur

A la joie d’aller à la rencontre du Ressuscité :

Il nous précède sur nos chemins de vies,

Il nous attend au carrefour des Ecritures,

Il nous donne le pain pour la route,

Il réchauffe nos cœurs endoloris,

Il nous appelle et nous dit :

« La paix soit avec vous…

N’ayez pas peur ! C’est moi !

Je suis avec vous jusqu’à la fin des temps ! » Amen !

 

                                                                  Frère Henri

 

 

DIMANCHE 21 FEVRIER 2010
1er dimanche de CARÊME

NOTRE PERE,

« NE NOUS SOUMETS PAS A LA TENTATION… »

 

 

Si souvent nous faisons monter vers Dieu cette demande !

Si souvent nous sommes en lutte avec de multiples tentations !

Si souvent nous faisons les courses et notre caddy se remplit de choses inutiles

(surtout au moment des promotions ou des soldes !!!)

Si souvent nous nous battons contre nous-mêmes en nous justifiant

 « çà peut toujours servir !» disons-nous ! 

 

Les tentations existent et elles ont la couleur de l’arc en ciel ou elles sont comme les fleurs dans une jachère : c’est attirant, parce que c’est beau, parce que c’est bon ou parce que c’est la mode, ou encore parce qu’on l’a vu à la télé…

Tentation de vouloir tout, tout de suite, et il n’y a plus de place pour la réflexion, le discernement avisé !

Tentation de posséder davantage et alors de multiplier les achats et donc les dépenses au détriment de l’essentiel !

Tentation de vouloir toujours avoir le dernier mot sur tout ou d’avoir raison en tout !

 

     « Seigneur ne nous soumets pas à la tentation », aux tentations que le monde met sous nos yeux, ou que notre esprit est capable d’accueillir…Mais d’où viennent les tentations ? De notre condition humaine et inconsciemment sans doute du désir d’être comme Dieu ou d’être nous-mêmes des dieux… C’est bien ce que Jésus a vécu, tenté par le démon qui divise l’être intérieur, qui fait éclater l’unité de nos cœurs, qui nous ligote jusqu’à nous enlever la liberté de penser, d’agir, de créer, d’aimer !

JESUS EST DIEU,

sa résistance aux provocations tentatrices du démon lui vient

de sa fidélité à la Parole de Dieu…

Face à la tentation de vouloir posséder toujours plus,

Seigneur « donne- nous notre pain de chaque jour », le pain du partage, du respect des autres, du pardon, de l’amour offert gratuitement,

                                                    le pain de la foi en ta présence !                      

 Face à la tentation de vouloir tout maîtriser,

Seigneur «  délivre- nous du mal » de ce mal qui ronge nos cœurs,

lorsque l’égoïsme nous enferme sur nos sécurités au risque de ne voir les autres que pour les exploiter !

Face à la tentation de nous mépriser et de mépriser les autres en les offensant par nos paroles acerbes, nos regards malveillants, nos gestes méprisants,

«  Seigneur pardonne-nous comme nous pardonnons… »

 

Les tentations existent, le tentateur n’est pas un vain mot, une vedette de cinéma de fiction. Jésus l’a rencontré sur son chemin de mission. Nous le rencontrons sur nos chemins de vie et de communion et la grande joie de ce diviseur c’est de nous faire croire que le bonheur est dans le pouvoir, dans l’exploitation, dans le toujours plus, dans la prétention de tout savoir, dans le mépris des petits… en un mot dans la mise à notre disposition de Dieu dont nous déformons le visage en nous laissant prendre par les tentations ;

C’est un combat permanent. La prière, le jeûne, l’ouverture aux autres dans le partage, sont des armes efficaces contre les tentations… et l’Esprit Saint appelé au secours de notre faiblesse, nous rend forts contre toute tentation.

Telle est la foi des chrétiens que nous sommes, heureux de chanter

« La puissance du Seigneur se déploie dans la faiblesse de l’homme. »

Dans le désert de nos vies, s’il y a des tentations, il y a toujours un puits caché et rempli de l’eau vive de Dieu :

«  SI TU SAVAIS LE DON DE DIEU » qui nous dit en Jésus :

« JE SUIS AVEC VOUS JUSQU’A LA FIN DES TEMPS… N’AYEZ PAS PEUR ! »

Frère Henri

 

 

§

 

2° DIMANCHE DE CAREME

28 février 2010

St.Luc 9,28b-36

***

De la Montagne à la vallée…

 

Qui a gravi le Mont Thabor, à pied, lentement au pas des pèlerins, ne peut  oublier l’arrivée sur ce mont de la Transfiguration. Le visage, rougi par l’effort consenti, des perles de sueur ruisselant sur les joues, un soleil  plombant sur votre tête… et soudain une brise légère, un bouquet de fleurs… des bougainvilliers jaunes, rouges mauves ou blancs, harmonie de couleurs offerte par la nature, en ce lieu de lumière…

 

     Et le silence !, le silence ! Il faut l’écouter et entendre alors le chant de l’essentiel qui vient de l’intérieur, comme s’il venait du Ciel, avec la voix de Dieu qui dit « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le ». C’est la voix du Père qui nomme son Fils dans la reconnaissance de sa paternité : « mon Fils bien-aimé ». La rencontre est inouïe, semblable à celle qui peut nous saisir en présence d’un grandiose paysage. Je me souviens alors de ce jeune, pleurant de joie sur la neige, après une rude montée de plus de quatre heures, dans les Pyrénées. A ses larmes de joie se mêlaient les mots de l’impossible « jamais maman va croire que j’ai vu çà ! »…

      Et pourtant, cette lumière qui enveloppe Jésus dans la rencontre avec son Père, pose ses rayons sur les disciples, témoins émerveillés à tel point, qu’ils veulent rester là : « dressons trois tentes… » disent-ils au Christ en lumière !

     Mais on ne s’installe pas sur les sommets. On y puise l’émerveillement de l’essentiel, la douceur de la lumière, la fraîcheur de la brise légère, le repos après l’effort.

    Il y a un peu de tout cela dans nos rencontres avec un ami, un frère, une sœur, un amoureux, un mari, une épouse… unique rencontre qui fortifie, purifie des scories de la vie quotidienne,  nourrit pour la suite du voyage…

Là, aujourd’hui, sur la Montagne de la Transfiguration, Jésus est dans la lumière d’une vie reçue en plénitude de son Père, afin que nous croyions que DIEU EST AMOUR, que  DIEU EST LUMIERE, que DIEU EST NOTRE PERE, comme nous le chantons si souvent.

     Demain, sur la Montagne du Golgotha, Jésus sera dans la lumière d’une vie offerte à son Père, afin que nous croyions à DIEU FIDELE A SA PROMESSE dans l’envoi de Jésus de Nazareth, son Fils bien-aimé, notre Sauveur et notre frère !

     La redescente dans la vallée de nos vies, comme pour les disciples avec Jésus, se fait à pas de silence, en laissant tous ces évènements chanter dans nos cœurs.

Surtout, ne pas éteindre la lumière qui nous a enveloppés de sa tendresse… lors d’une rencontre avec un malade… transfiguré par notre présence affectueuse, avec un enfant ou un jeune … transfiguré par notre écoute aimante et notre soutien, avec une personne seule… transfigurée par notre visite, avec nos plus prochestransfigurés par notre attention permanente à leur vie !...

 

« Gardons nos yeux ouverts aux appels incessants

Comme cris à la vie que l’on sauve en aimant !

Un linge tissé d’amour peut sauver chaque jour,

Posons-le doucement sur les défigurés,

Regardons maintenant : ils sont transfigurés ! »

(Fr.Henri dans « Un chemin vers l’Essentiel »)

                                                En ce dimanche de la Transfiguration, Frère Henri

 

 

PRIERE

 

Dieu Notre Père,

De la nuée ta voix se fait entendre : 

« Celui-ci est mon Fils, Celui que j’ai choisi, écoutez-le ».

Nous te rendons grâce

Pour la voix de ton amour de Père

Qui nous donne Jésus ton Fils et notre frère.

Tu nous invites à l’écouter.

Sa Parole est parole d’amour,

Elle est enveloppée de la lumière de ta présence.

Chaque jour tu es là et tu nous redis

Que nous sommes tes enfants.

Dans le brouillard de nos vies,

Dans les ténèbres de nos cœurs,

Que la Parole de ton Fils

Que nous voulons écouter

Soit lumière sur nos routes.

Alors, transfigurés par la rencontre de ton visage,

Nous redescendrons dans la vallée de nos vies quotidiennes

Avec confiance et espérance,

Avec la joie de pouvoir chanter :

« Joyeuse Lumière, splendeur éternelle du Père,

Saint et bienheureux Jésus-Christ :

C’est Toi qui éclaires…c’est Toi qui transfigures… »

                                                                                                     Frère Henri

 

 

§

 

DIMANCHE 7 MARS 2010

3° dimanche de Carême

St.Luc 13,1-9

 

Aujourd’hui on s’inquiète face aux grands événements du monde : guerre, famine, esclavage des enfants… et que dire de nos questions lorsqu’arrivent les cataclysmes naturels comme notre planète est en train d’en vivre actuellement ?

Les uns accusent Dieu qui, alors, n’est pas bon et laisse les hommes s’entretuer, s’exploiter ou mourir sous les décombres…les autres accusent l’imprévoyance des responsables, d’autres encore se réfugient dans le silence de la peur ou la révolte des incompréhensions….Autant de réactions normales et qui montrent que notre humanité,-nous-mêmes, sommes bouleversés…C’est aujourd’hui…

 

Mais hier, au temps de Jésus, les disciples aussi s’inquiètent de la signification d’un récent massacre de Galiléens par Pilate, tandis qu’ils offraient un sacrifice... Ils ne comprennent pas et pourtant ils vivent avec Jésus !

Nous sommes là au carrefour d’une grande question, celle du mal

 

Jésus, sans vouloir donner une explication théologique à l’énigme du mal dans le monde, invite ceux qui l’écoutent à la conversion. En effet en ce temps là on établissait une équation entre l’existence du mal et le péché, ce qui veut dire que le malheur = punition du péché… Réagir, penser ainsi c’est méconnaître Dieu ; c’est le prendre pour un juge impitoyable, un bourreau exterminateur. Ce n’est pas le Dieu de Jésus dont le psaume  nous dit « qu’il pardonne toutes nos offenses », car il est « le Seigneur qui fait œuvre de justice », il est « le Seigneur de tendresse et de pitié, lent à la colère et plein d’amour… » (Psaume 102)

 

Alors, le message de ce dimanche est un appel à vivre notre vocation d’homme FIDELE au Créateur, parce que créé à son image et à sa ressemblance. Cependant parfois, nous ressemblons au figuier de l’évangile qui ne porte pas de fruits, et, que le propriétaire de la vigne veut couper et brûler…Mais le vigneron qui entretient les vignes est habité par la patience du sage et il vit d’espérance. Il conseille au propriétaire de le laisser encore une année : « Seigneur, laisse-le encore une année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier. Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir ».

 

Ainsi en présence des événements de nos vies quotidiennes, touchées directement ou indirectement par la souffrance, le mal, nous cherchons un chemin d’espérance, de confiance. Jésus nous invite aussi à la patience dont un sage dit « qu’elle est l’art d’espérer ».

Pendant ce temps, comme le vigneron de l’évangile, nous allons travailler la terre de notre cœur, la bêcher, la retourner l’amender avec l’engrais de la foi, la pluie de la charité, le soleil de l’espérance, l’entraide et le soutien fraternel. Nous allons nourrir notre vie de la lumière de la solidarité, de la force de la présence auprès de ceux qui sont dans le besoin… et les événements récents liés à la tempête montrent combien les humains sont capables d’unir leurs efforts en des gestes de partage et de communion…

Les chrétiens qui partagent la même vie que les autres peuvent aussi nourrir tous leurs efforts de leur attachement à la Parole de Dieu et à l’Eucharistie qui ne nous offrent aucun avantage matériel, certes, mais nous arrachent à l’étroitesse de nos faims.

Invités à avancer sur le chemin de l’amour,

Vers le Dieu qui veut nous libérer de toutes nos servitudes,

Unissons nos voix à celle de notre Dieu et chantons :

 

« Si tu dénoues les liens de servitude,

Si tu libères ton frère enchaîné,

        La nuit de ton chemin sera lumière de midi... »                        

Frère Henri

 

 

PRIERE

 3ème dimanche de Carême

***

Seigneur notre Père,

En ton Fils Jésus,

Tu nous fais comprendre

Qu’au-delà de nos peurs,

Il y a la lumière de l’espérance.

En ton Fils Jésus,

Tu nous montres

Qu’au-delà de nos doutes,

Il y a la force de la foi.

En ton Fils Jésus,

Tu nous assures

Qu’au-delà de nos solitudes

Il y a la joie de la communion.

 

Seigneur notre Père,

Nous te rendons grâce

Pour ta patience envers nous :

Elle est l’expression la plus forte

Et la plus douce de ta Parole

Et de ton amour pour nous.

 

Donne-nous la simplicité

De vivre avec les autres

La grâce de ta patience,

La bonté de ta confiance,

La douceur de ton regard.

A toi notre Père,

Notre prière d’enfant. Amen !

                                                                                    Frère Henri