"Je
possède en effet, dans mon patrimoine, un village nommé Bassac, dans
l’évêché de Saintes, qui m’a paru tout-à-fait convenable pour ce dessein.
D’un côté, en effet, se trouvent la Charente, des bois, des prés et
des moulins ; de l’autre, des bosquets, des jardins, des vignes et des
terrains fertiles propres à la culture. Islon, évêque de Saintes, s’étant
rendu sur place, selon l’usage épiscopal, a tracé les fondations du
monastère, et sur ses pieuses exhortations et ses conseils, j’ai pris
en charge cette grande entreprise. Que dirai-je d’autre ? Le monastère
entrepris et convenablement achevé, et y ayant fait venir des moines,
j’ai conféré avec mes amis, pour savoir comment je disposerais de mes
biens pour que ces moines puissent y vivre selon leur règle. C’est pourquoi,
moi, Wardrade, sus-désigné, je donne au Seigneur Dieu et aux dits habitants
du monastère Saint-Etienne de Bassac et à leurs successeurs, à perpétuité,
ma forêt de Marive, prés, boqueteaux et jardins, eaux et moulins, et
tout ce qui l’entoure et m’appartient. De même, le bourg où est situé
le monastère et toute la terre qui l’environne, paroisse et dîme, les
revenus, toutes les coutumes, les maisons, manses et jardins, bois,
prés et vignes, et mes champs et d’autres produits de la terre, et le
champ de Saint-Romain, et le bois d’Ardenne, haies, vignes,terres situées
devant le bois, et tout le revenu de la paroisse. En outre, tout mon
alleu, où qu’il soit situé, et tout ce qui est réputé m’appartenir".